Accueil Date de création : 06/12/07 Dernière mise à jour : 01/01/09 20:49 / 120 articles publiés
 

Le débriefing  (Le débriefing) posté le samedi 19 janvier 2008 20:22

   Alors que les trois agents venaient de quitter la pièce, Phil demanda à June :

            -Alors, comment tu t’es fait ça ?

            -Je me suis fait renverser par un camion…

            -Tu es sortie du manoir ?

            -Non, non, je suis restée dans la grande salle tout le temps…

   Il posa sa main sur le front de la jeune femme.

            -Pas de fièvre… Traumatisme crânien peut-être15 ?

            -Ca va, j’suis pas tarée, fit-elle, énervée… Vous croyez que j’mytho, j’y peux rien, mais je sais que j’ai pas d’hallu…

   Une ride verticale barra l’espace entre les deux sourcils de l’autre, signe de réflexion intense.

            -C’est bon, je te crois… Mais un camion qui déboule comme ça dans une maison aussi… Surtout que, attends, la grande salle n’a aucun mur vers l’extérieur, je crois bien ?

            -Je sais pas, fit-elle, mais vous verrez bien par vous-même, hein, ça m’étonnerait qu’ils le fassent déplacer d’ici demain…

            -Personne d’autre n’a été renversé ?

            -Non, je ne crois pas, mais moi, je suis blessée…

            -Oui, oui, je n’ai pas oublié…

   Il alla chercher dans sa valise16 sa trousse de premiers secours, et en sortit un rouleau de bandages.

            -Bon, je t’explique le déroulement des opérations… Petit un : je bande ta jambe17. Petit deux : je pose une attelle. Petit trois : je te pique à la Recalcine… Tu as déjà eu ce genre de traitement ?

   Elle secoua négativement la tête, et il poursuivit :

            -Ah, bon, ben on verra… Vois-tu, l’avantage de la Recalcine c’est que comme ça à juste l’air fêlé ça va te remettre sur les deux pieds en trois jours, quatre maximum… Mais ça a plein d’inconvénients…

            -Ah ?

            -Oui… Petit un : il faut une piqûre toute les six heures sinon ça ne sert à rien, petit deux : il y a des effets secondaires, mais je peux pas te dire ce que ça va faire sur toi, vu que ça varie selon l’âge, l’état de santé, etc, petit trois : ça rend accro18

            -Ah.

            -Alors, pour les piqûres, je te confie la bouteille et l’aiguille, je crois que tu sais faire…

   Elle émit un petit ricanement : comme s’il ne savait pas ce qu’elle s’envoyait dans les veines…

            -Les effets secondaires on va bien voir ce qui se passe, et pour ce qui est de l’accoutumance… Je te fais confiance, hein ? Si tu as envie d’une dose plus forte, ou plus rapidement après l’injection, surtout tu le dis, on arrête tout et je te plâtre. Bon, tu es prête à tenter le coup ?

            -Toujours prête, comme les scouts19, boss.

            -Bon.

   Il commença à enrouler les bandages d’une main experte autour de la jambe. Il remarquait bien sa nervosité, mais il savait qu’elle n’était pas due à ce contact quasi intime, sinon à un manque. Il sut ce qu’elle allait demander une demi-seconde avant qu’elle n’ouvre la bouche.

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Le débriefing  (Le débriefing) posté le samedi 19 janvier 2008 20:28

            -Et sinon, boss, pour ce qui est de…

            -Mélange contre-indiqué, répondit aussitôt celui-ci. Désolé… Je peux te donner quelque chose si tu te mets à vraiment manquer, mais va falloir faire ceinture pendant quelques jours…

   Elle eu un profond soupir. Vu la douleur lancinante, lui vrillant les sens, qui émanait de sa jambe blessée, elle aurait bien eu besoin de sa dose de morphine… Même juste histoire de dormir…

            -Désolé, fit Phil, qui avait fini de bander20 la jambe.

            -Non, non, de toute façon faut que j’arrête.

   Il avait attaché l’attelle, puis avait sorti une petite bouteille et une seringue encore emballée, ouvert l’emballage, piqué la seringue dans le couvercle, pris la dose nécessaire, et à présent il faisait signe de tendre le bras, ce que fit immédiatement le jeune femme.

   A première vue, le produit n’avait aucun effet, se dit June alors que l’aiguille venait de ressortir de son bras. Tant mieux, c’était meilleur pour son avancement qu’elle ne se mette pas à vomir immédiatement sur son patron21.
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Le débriefing  (Le débriefing) posté le samedi 19 janvier 2008 20:29

            -Ca va aller ? On rameute les autres ?

            -Oui, oui, dit-elle.

            -LES ENFANTS VENEZ GOÛTER !!! cria Phil.

   Aussitôt une jeune femme un peu ensommeillée pénétra dans la pièce, baîllant à moitié avant de demander :

            -On goûte Papa ? A deux heures du matin ?

            -Mais nan, pas toi ! dit-il. File, ma fille, fit Phil22.

            -Bon… Mais cesse de proférer des absurdités à voix haute tôt le matin ou je ne trouverai pas le sommeil, dit-elle avant de tourner le dos et de partir.

            -Boss ? fit June, quelques instants plus tard.

            -Oui ?

            -Qu’est-ce qu’elle a dit ?

            -Elle a dit : « Arrête de gueuler des conneries à pas d’heure et laisse moi pioncer. ».

            -Merci, j’étais pas sure.

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Le débriefing  (Le débriefing) posté le samedi 19 janvier 2008 20:31

   Miles venait d’entrer par la porte à côté. Il remit sa feuille au chef, puis laissa tomber sur un canapé. Ally arriva ensuite, bredouilla un mot d’excuse, puis s’assit par terre. Rodney arriva bon dernier, décontracté, les mains dans les poches, se prit une chaise, s’assit, puis fit semblant de s’endormir.

            -Si bébé se met à ronfler bébé va morfler, fit le patron à son intention. Bon, nous sommes donc ici pour parler de la soirée de baby-sitting, compte-rendu, idée d’activité pour le prochain baby-sitting, etc… Oui, Ally ?

            -On pourrait peut-être changer la couche de bébé, non ? fit-elle.

            -Bonne idée, mais n’oubliez pas qu’il faut éviter de s’en mettre plein les mains.

            -Patron ?

            -Oui, Rodney ?

            -On pourrait parler normalement ? J’ai rien capté23

   Le chef de la petite troupe poussa un profond soupir.

            -Bon, on reprend en language courant, pour le débile profond, mais si on se fait capter je vous étripe.

            -Mais tout le monde dort, chef…

            -Les murs ont des oreilles, surtout dans notre profession… Je répète, faisons le compte-rendu des événements de ce soir, et cherchons quelques idées d’actions pour demain. Ally, répétez votre idée pour votre camarade.

            -Euh, je disais, fit celle-ci, plus rouge encore que ses cheveux, on pourrait mener une enquête sommaire, pour savoir en gros ce qui peut nous attendre, vu le peu d’infos que nous a donné Mr Johnson…

            -En même temps, Agent Babydoll, COMME JE LE DISAIS, dit-il en accentuant bien le « comme je le disais »24, nous devons rester discrets, et de plus… Nous avons été engagés pour protéger le jeune Luigi Johnson, pas pour capturer ses éventuels ravisseurs…

            -Mais… Si nous les arrêtons, Luigi sera hors de danger, non ?

            -Et, si j’étais un salop, j’ajouterais que cela mettrait fin à notre contrat de travail… Je plaisante, ajouta t-il, devant la tête de son employée25. Mais si ça peut nous aider, oui, autant essayer de deviner à quoi nous avons affaire… Je compte sur vos deux gros charmes pour aider à cette petite enquête, ajouta t-il.

            -C’est dit finement, en plus…

            -Je voulais parler de votre finesse d’esprit et de votre grâce naturelle. Vous aviez compris autre chose26 ?

            -Non, non, patron.

            -Bon, dans l’ordre, nous aurions du commencer par le récit des événements de la soirée… J’ai ici un papier de Miles, excellente idée, d’ailleurs, Agent Ken, c’est pas contre vous mais… Bon… Bref, je vous lis.

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Le débriefing  (Le débriefing) posté le samedi 19 janvier 2008 20:33

            « Je me suis branché sur la vidéosurveillance du manoir. J’ai remarqué que le jeune Luigi sortait de sa chambre. Je suis allé pour voir. J’ai été retardé par un civil. Je suis arrivé non loin du sujet. Il était aux prises avec son agresseur. J’ai sorti mon arme. J’ai menacé l’agresseur. Le sujet s’est enfui. Je l’ai suivi, laissant l’agresseur s’échapper. J’ai été rejointe par l’Agent Tigress. Je suis revenu à la base.

            « Etant donné que Tiki Johnson avait spécifiquement demandé que nous n’utilisions pas son réseau intranet,  je propose la version officielle suivante :

            « J’étais en planque non loin de la chambre du jeune Luigi, sans avoir de vue sur celle-ci. J’ai entendu un bruit étrange. J’ai cru avoir rêvé. J’ai entendu un autre bruit étrange plus loin dans le couloir. Je suis sorti de ma planque. Je suis arrivé non loin du sujet. La suite de la version réelle peut correspondre.

            « Ce message s’autodétruira dans une seconde. Non, je déconne27. »

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