-Elle est-en-retard ! s’exaspérait le patron en regardant sa montre toutes les deux secondes. C’est pas normal, elle n’est jamais-en-retard ! poursuivit-il.
Pendant ce temps, les trois agents s’étaient installés dans un coin de la pièce pour jouer à la bataille corse, profitant du retard de June, leur collègue, celle-ci ayant la fâcheuse habitude d’attaquer du tranchant de la main et non du plat en cas de paire ou de sandwich.
-Ally, ma petite, vous lui avez bien dit que le débriefing était dans dix minutes ?
Cette dernière poussa un profond soupir –elle détestait que le patron l’appelle « ma petite »- puis répondit :
-Oui, patron, je lui ai dit, et elle avait l’air d’aller bien quand je l’ai vue… Ecoutez je ne comprends pas…
La porte de la chambre s’ouvrit soudain violemment, laissant apparaître la silhouette de la personne attendue.
-Désolée du retard, boss, fit June.
-Et peut-on en avoir la raison, agent Tigress ?
Celle-ci avait l’air d’éprouver des difficultés pour rester debout, alors même qu’elle se tenait au garde à vous, fixe devant son patron.
-Boss ?
-Oui ?
-Est-ce que ça pose problème si je m’assoies ? fit-elle en grimaçant.
-Faites, faites, fit Phil, un peu inquiet… Mais qu’est-ce qui vous arrive ?
La jeune femme s’était laissée tomber sur le lit en poussant un soupir de soulagement.
-Ben… J’crois qu’j’ai une jambe pétée, dit-elle.
-Mince alors !
-J’peux voir ?
-C… C… ça, ça va3 ?
Les trois autres s’étaient levés en même temps, inquiets, pour voir dans quel état elle était.